Évidence du contrôle de police sur les apparences, improprement dit « au faciès »

Pour attraper du poisson, inutile d’agiter son hameçon sous le nez des volatiles !

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Santé mentale et exercice physique

Quand on pratique pendant trente ans la course à pied, on enregistre jour après jour les progrès de son propre déclin au moyen du plus cruel des instruments de mesure. Il existe des drogues plus secourables que son propre corps, quoi qu’en pensent les Narcisses onanistes sans nombre de l’époque. Pour ce qui concerne les vertus ébriantes du sport, vous repasserez !

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Se payer de mots

Les grandes têtes molles de notre passé intellectuel immédiat, les Barthes, Bourdieu, Deleuze, Foucault, Girard (j’en passe et, parmi leurs pâles successeurs, de plus malsonnants) ont amoncelé les concepts comme l’équilibre de la terreur entre les nations accumule armes et arsenaux… Pour eux, la puissance du concept devait consister en un assemblage de mots grecs ou latins échappés d’un lexique hors d’usage. La Palme d’or revient à Bourdieu pour son hystérésis de l’habitus (traduction pour les crétins : un plouc, quelle que soit sa réussite, conservera des traits essentiels du plouc). « Plouc toi-même, Bourdieu ! et, qui plus est, plouc de l’esprit, arriviste du savoir. »

Par une ironie goûteuse, si les mets suspects de nos célèbres penseurs sont peu à peu jugés immangeables par des lecteurs nouveaux (non corrompus par de médiocres pédagogues sans inspiration), c’est la prétendue première puissance, mal dotée il est vrai quant à la production d’idées, qui réclame à grands cris (French Theory !) les épigones et exégètes de nos figures de cire. Ainsi des vieillards poussiéreux aéroportés s’en vont-ils gagner des sommes dont ils n’avaient pas rêvé et, pour certains, s’ouvrir un accès aux corps des jeunes gens d’outre-Atlantique. L’empire déclinant d’Amérique devrait se souvenir qu’un de ses fils les plus remarquables, nommément Richard Feynman, avait par avance réglé leur compte aux expatriés temporaires verbeux quand il disait que celui qui n’est pas capable d’expliquer une question complexe, en termes simples, à un élève de première année, prouve simplement qu’il ne l’a pas comprise.

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Mammon

Au commencement était la nécessité de survivre, sans phrases ni fard, ce que le Prince des philosophes appelle persévérer dans son être. Alors, précaire voulait dire vivant. Quand les humains ont fini de convoquer les dieux et les animaux sur les parois des cavernes, puis quand l’agriculture les a inventés socialement (les humains) au néolithique, soi-disant plus déterminant, selon le très surestimé Lévi-Strauss, que l’apparition de l’écriture, le surplus accumulé a donné toute latitude à la guerre et aux (cités -) états pour stimuler les échanges entre communautés humaines. En présence des greniers qui s’emplissaient, il a bien fallu trouver un symbole abstrait représentatif de n’importe quelle valeur susceptible de se présenter sur un marché ou de faire l’objet d’une tractation entre particuliers. Le troc pataud fut congédié, l’or, l’ivoire, les épices ouvrirent une voie brillante et odorante à la monnaie (jusqu’à la scripturale).

L’orchestre pouvait ouvrir le bal des fous et des méchants. A-t-on bien saisi la gueule que peut avoir un monde qui tient tout entier dans la salve de chiffres et de proportions qui s’offre à nous ci-après : – il faut, chaque jour, soixante dix milliards d’unités monétaires (euro, dollar, franc suisse… peu nous chaut) pour couvrir le règlement des exportations dans le monde ; tous les jours, les transactions monétaires sur les marchés se montent à cinq mille milliards (que crois-t-on que font ces quantités, qu’elles prennent l’air ou se donnent un peu d’exercice ? plus vraisemblablement, elles cherchent à prendre un peu de poids ou à n’en point trop perdre – l’activité de ces gentils billets et autres titres représentatifs de créances relève plus certainement du casino). La valeur annuelle estimée du produit intérieur brut mondial est de soixante sept mille milliards, les promeneurs du tapis vert spéculatif (d’honnêtes possédants, des fonds de pension vertueux, les sacro-saintes entreprises créatrices d’emploi) font circuler en une année, par leurs mandants, un million de milliards de la même farine, soit quinze fois la valeur produite par la somme des nations en un an. Pour s’être fait attendre un demi siècle (depuis le dernier grand embrasement de l’humanité), le résultat n’en est pas moins éclatant qui met son point cruel sur le i d’indigence : pour ne prendre que cet exemple, dans le valeureux pays de France, les disparités de patrimoine s’affichent ainsi : dix pour cent des ménages détiennent soixante pour cent des richesses, les cinquante pour cent les plus pauvres se délectent de cinq pour cent du patrimoine ; les quarante pour cent restant (parmi eux mes préférés, fonctionnaires et révolutionnaires en chambre) font tenir l’ensemble (pour combien de temps ?) attablés devant leur trente cinq pour cent du gâteau.

Est-ce Marx qui a inventé la notion d’équivalent général rapportée à la monnaie ? Je m’en fous un peu ! Je laisse ce genre de question aux pisse-froid et pisse-vinaigre de l’université (je tiens à la minuscule) qui ne sont jamais sortis de la chambre parentale où ils ont préparé de nobles résultats aux concours (mandarinaux), traînant, avec leur situation à vie, pour toujours après eux une hygiène douteuse et un goût non moins douteux pour la station assise. Issus de cette merveilleuse origine fessière, cent petits Lénine poussent ces temps-ci comme champignons après la pluie de la gabegie politicienne. Ils veulent rajeunir le projet d’un monde meilleur (sans un mort ?), non sans montrer une insupportable indulgence pour au moins un apologiste de crimes contre l’humanité (pas condamnable, jamais condamné, peut-être parce que normalien fils de normaliens, plus certainement parce que dernier porte-drapeau du communisme pur et immaculé), les plus fins annoncent leur volonté raisonnable d’échouer mieux (combien de morts ?) Le Français progressiste applaudit tout cela, lui qui emplit à longueur de journée sa bouche des mots liberté, égalité, fraternité, tandis qu’il est parfaitement servile, envieux et nombriliste.

Pendant que de si subtils ingénieurs se préoccupent de l’avenir de l’humanité, les pauvres, eux, regardent vers la fin du jour et de sa suite ininterrompue de mauvaises nouvelles. Les pires sévices, des avanies implacables procèdent de ce qu’on a placardé derrière le frontal des pauvres la face perpétuellement luminescente de Mammon, ce grill froid où tout se mesure à l’aune de ce qu’il faut d’équivalent général pour en faire l’acquisition : une cigarette, du café, une bouteille de bière, une couleur pour les cheveux toujours imparfaits des dames, un trajet en auto – le besoin comme le désir.

 

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Avec les mots de la chevalerie

En matière de joute intellectuelle ou morale, je n’aime que ceux qui rompent en visière ; et vilipenderai sans relâche les adeptes du coutelas qui cherchent les jointures de la cuirasse pour percer l’aisselle ou l’aine, quand ils n’entendent pas, suprême offense, offense de gueux, couper le jarret.

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Ethica

On savait déjà que le footballeur est un quadrumane qui aime à se délasser de ses trop lourdes journées de labeur en compagnie de prostituées mineures. Des recherches zoologiques récentes montrent que c’est aussi un inégalable voleur d’impôts, un évadé fiscal de grande ampleur. Au nom de l’exemplarité du sport, le père recommandera au fils l’imitation en tout de ce primate (supérieur).

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Le clown à la mèche jaune

Je partage avec le premier pitre de la première puissance du monde cette faculté redoutable de faire sortir les imbéciles du bois à tout coup. Ces types de détecteurs devraient d’urgence être reconnus d’utilité publique, même si, en l’occurrence, la structure des appareils de détection diffère : chez lui c’est le mauvais goût vestimentaire ornant la confusion des propos, chez moi le caractère particulièrement adéquat des idées. Paradoxe de l’histoire, l’imbécile se recrute aujourd’hui exclusivement dans la classe possédante et supposément cultivée. Quand, avec le soutien inattendu des pauvres, le bouffon suprême a fait tomber dans les poubelles de l’histoire la dame au visage bouffi par les marques conjuguées de son insatiable avidité matérielle et d’une excessive estime de soi, j’ai vu plus d’un enseignant du supérieur (!) exprimer sa préoccupation pour un monde bientôt livré aux frasques du Docteur Folamour. Connaissant les loisirs, les lectures et la capacité de travail de l’université, je ne m’attendais pas à une telle pétition de principe en faveur de la protection de l’humanité. Le bon dieu ne manquera pas de reconnaître les siens. Cependant, ces salauds de riches feraient bien de se souvenir qu’un coup de gomme (intellectuelle) jamais n’abolira les pauvres.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Ordres de grandeur

J’ai, à n’en pas douter, vidé plus de bouteilles qu’il aura jamais poli de lentilles optiques (c’est dire son application et mon intempérance) ; le vingt et un février 1677, jour de son pauvre trépas, dans une armoire à cinq rayonnages, il possédait cent soixante ouvrages, j’en détiens à la louche cent fois plus ; à quarante quatre ans, incapable soudain de conserver son rapport de mouvement et de repos (et, de ce point de vue, ayant perdu la capacité d’affecter et d’être affecté), son corps connut la destruction. (De vingt trois ans plus âgé, on peut craindre que le mien de corps ne se survive, quoique rétréci par le peu de corps susceptibles de l’affecter de joie). On verra par ces obscures comparaisons que, dans un siècle infect, un homme qui a sans cesse lutté pour ne pas démériter n’est pas autre chose qu’une ombre dans l’ombre de Spinoza.

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Winnetou et la couille molle

Winnetou est une figure d’indien, un chef Apache, le personnage d’un auteur populaire pour enfants ou adolescents qui eut, et a peut-être encore, un succès tel qu’il demeure dans la mémoire de l’édition ; il s’appelle Karl May, un allemand. On s’arrête un instant pour prendre acte de ce que Hitler, un des plus grands criminels de tous les temps, avait une âme d’enfant : il aimait beaucoup la littérature indienne de Karl May et en particulier son Winnetou. J’ai eu un ami croate qui racontait l’histoire suivante, aussi puissante qu’elle est à faire fondre. Un jour sa petite sœur le mit au défi de dormir une nuit sur le balcon, en plein hiver d’Autriche. Mon ami se récria : «Tu n’y penses pas ! Tu sais ce que ça représente une nuit dehors par ce temps ? » La très jeune fille, admiratrice fanatique d’un chef Apache, lui répliqua, cinglante : « Tu n’es qu’une couille molle. Winnetou, lui, creuse un trou dans la neige pour y passer la nuit ! »

 

 

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Pieds bots

Quand on part de prémisses fausses, fictives ou douteuses, on se condamne à boiter tout du long. Témoin le journaliste qui écrit démocratie, le penseur qui croit à l’inconscient, l’économiste au libre-échange.

 

 

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