Presbyacousie
Je le dis tout net : ceux qui s’écoutent parler, je ne les entends pas.
modeste proposition pour venir à bout de l'ignorance
Je le dis tout net : ceux qui s’écoutent parler, je ne les entends pas.
Fier comme Artaban, une sorte de hippie, dopé aux allocations, emprunte à contre-sens une rue étroite, portant sur le guidon de son vélo le fruit conquérant de ses reins, un enfant encore innocent mais éduqué à la diable. À contre-cœur, et non sans me faire violence, je pense que je préfère encore l’habitacle discret des … Continuer la lecture de Une pensée scandaleuse, persistante et signée
On n’est jamais aussi libre que quand on n’a pas le choix.
Ce n’est que dans les peintures obsédées de symétrie que le jour et la nuit se partagent équitablement la toile. Avez-vous jamais vécu un véritable instant ? Un instant en perdition dans le temps, avec son humus de passé, ses vapeurs de futur – et le plomb du présent.
Une nouvelle péripétie de l’écrasement de la catégorie de l’être par la catégorie de l’avoir : l’expression (« Tout le monde a quelque chose à dire ») a écrasé, occulté le mystère de l’expression (qu’est-ce que dire, comment dire : travail souvent implicite et silencieux de l’écrivain). Matérialisme contre ontologie. Au même moment, naissance d’une pléthore de théoriciens qui … Continuer la lecture de Sans titre
Fumeur ou non, qui ne porte le deuil de ce temps où les lèvres avaient une part écrasante à la joie ?
Troublant que le monde subsiste en mon absence ; plus troublant encore qu’il m’admette quand je reviens.
J’admire le silence en tant que force qui gèle les mots sur les lèvres – mais de là à l’aimer ! Ses clients sont trop nombreux, à qui il rend des services trop insignes. Ô France éternelle, ne nous dis surtout pas combien tu gagnes, pour qui tu votes, en qui tu crois et avec qui … Continuer la lecture de Omerta
Une belle dame brune – qui pourtant me quittait – m’a dit : « On ne me regardera plus jamais comme ça. » Je lui souhaite de rougir aujourd’hui de sa précipitation apeurée – et d’ouvrir, et de fermer, les yeux sur un regard de même nature. Bien des années après, je peux lui livrer le secret de … Continuer la lecture de Par-dessus mon épaule
Si le moment était venu, je voudrais tout vous donner, mon aimée Si le délai était échu, j’aimerais, par miracle, vous aimer tout l’été Et la bise une fois venue, vous laisser au pinacle de vos arbres Pour me glisser sous une couverture de marbre D’où je vous regarderais jusqu’à ne plus voir. « Plaquée ! », diriez-vous, … Continuer la lecture de Novembre
Je donnerais toute une forêt (et la plus belle) pour un seul regard humain (peut-être pas n’importe lequel). Et les amateurs de paysages, ce qu’on appelle aujourd’hui des voyageurs (!), m’expliquent, par leur exemple dissuasif, pourquoi je ne connais pas de réalité plus troublante qu’un regard.
C’est au maniement des évidences qu’on reconnaît l’intelligence.
La cérémonie des poignées de main Les têtes à claques, les m’as-tu-vu Les bises sans lèvres qui claquent toute honte bue Les « Bonjour à toi ! », les « Ça va ? » Très peu pour moi ! Basta ! « Bonsoir à vous les nains ! »
Le commerçant aujourd’hui : il faudrait se faire pardonner de lui donner du travail, et tenir compte de son réveil matinal.
Les jours de tristesse, je serais prêt à jurer que plus personne ne fait la différence entre l’esprit et le mauvais esprit. C’est que sont passés par là l’optimisme et l’hédonisme, ces deux coqueluches et calamités de l’époque, qui ont raflé la mise sur le tapis de la pensée.