Content de soi ? (Un croquis)
Les mains posées sur la rambarde du pont, campé devant le panorama, il se tenait comme si le paysage dût se sentir honoré de l’avoir pour contemplateur.
modeste proposition pour venir à bout de l'ignorance
Les mains posées sur la rambarde du pont, campé devant le panorama, il se tenait comme si le paysage dût se sentir honoré de l’avoir pour contemplateur.
Ici comme ailleurs, le professeur épouse sa thésarde, les fonctionnaires pullulent, comme partout, il y a la part tue, inavouée (qui passe pour l’ordre des choses) : le descendant du meilleur ami de Stendhal ne peut être que magistrat, chirurgien ou encore architecte ; le rejeton du gantier inventeur de la main de fer fait un fructueux … Continuer la lecture de Le gratin
Les députés de la supposée république prétendument en marche, au lendemain de leur vote de ratification d’un traité de commerce international, s’indignent d’avoir vu leurs clinquantes permanences électorales saccagées, défigurées au moyen, notamment, de quelques bottes de foin… On s’étonne qu’ils s’étonnent de se voir opposer (apposer) le signe même de ce qu’ils sont : des … Continuer la lecture de Avant le goudron et les plumes !
Quand un individu ou un groupe social se paie de mots, c’est qu’il a quelque chose à cacher (il veut noyer le poisson ou il convoite un fromage). La transparence telle que la conçoivent les politiciens et les journalistes suppose un citoyen dont les yeux sont recouverts de peau de saucisson ; l’onde où s’ébattent ces … Continuer la lecture de Clarté et transparence
Je sais bien que si j’étais plus doux, moins chien aboyant, je serai plus heureux, moins solitaire, moins enfermé dans la prison de l’incommunicabilité. Mais l’exemple de Saint François me semble hors d’atteinte : ne rien garder pour soi, n’être qu’amour pour la création, pour l’ordre supposé immuable des choses (« Des pauvres, vous en aurez toujours … Continuer la lecture de Un os dans le fromage
Sous ces cieux, dans ce pays aux limites de l’Europe (!) et du minimum vital (pour d’innombrables populations), n’ont pas cours les locutions superfétatoires (« Autre chose ? Et avec ça ? Ce sera tout ? ») qui ne sont rien à part de l’agressivité commerciale rentrée, enveloppée dans la langue cotonneuse de l’époque et pompeusement tenue pour de la … Continuer la lecture de Autre lieux, autres mœurs
Poursuivre jour après jour la lecture de Spinoza finit par porter des fruits dont la dégustation confine au régal (amer). Témoin cette remarque au vitriol touchant la tyrannie qui dit assez ce que nous avons vécu ces huit derniers mois… et ne manquerons pas de revivre : « des hommes, s’ils ne sont pas tout à fait … Continuer la lecture de Gilets jaunes
La langue, l’organe et ses dépendances sémantiques, m’a valu mes plus beaux succès comme mes revers les plus cuisants ; ces derniers toujours assurés de durer davantage… En ces temps proclamés de courtoisie et de bienveillance qui ne sont, de fait, que cruauté et muflerie, il ne fait pas bon manier la pique avec aisance. Même … Continuer la lecture de Mesure de l’excès
Ils croyaient changer le monde et le monde les a changés.
Les laids bibelots, les peluches de peu y ont cessé de m’essorer le cœur… Je me suis fait au mauvais goût, à la laide misère qui ici, naguère encore, tordaient ma poitrine pour en exprimer des larmes… « Je note le son que chaque chose produit en frappant mon âme. » Stendhal Journal, 11septembre 1811
Toute la détresse de notre république tient dans ce que la statistique, discipline aux mains pas toujours propres quant à son usage, appelle un camenbert : soixante pour cent du patrimoine de notre nation est détenu par les foyers les plus riches (dix sur cent) ; la moitié de la population devant se contenter d’une manne de … Continuer la lecture de Adieu aux armes… de la critique sociale !
Je ne fais ni catleya (voir si nécessaire le sens de la locution dans le snob jargon littéraire) ni société. Je me contente d’aimer de toute mon âme la femme que j’aime – et d’adresser encore la parole, avec plaisir, à de rares contemporains.
Dans la ville ignorante et creuse, l’invasion des cafés par la racaille retraitée de la fonction publique fait de ces établissements de nouveaux hospices, hospices de jour, dirons-nous… C’est à regretter la paix des cimetières, avec ses jolies couvertures de pierre et ses comptes enfin certifiés sincères.
Lu ce matin sur la portière d’une voiture de pandores : « Gendarmerie notre engagement, votre sécurité ». Il n’y a rien d’autre dans cette belle invention communicante d’un technocrate à képi que la rouerie d’un marchand d’électro-ménager. Pouah !
Le noir sautillement du merle dans la sombre humidité creuse du chemin.