Analogie
J’ai des queues de chagrin comme il y a des queues de comète.
modeste proposition pour venir à bout de l'ignorance
J’ai des queues de chagrin comme il y a des queues de comète.
Ne pense-t-on pas à un personnage éminent dans l’échelle cacophonique des valeurs médiatiques quand on lit ces quelques lignes de L’homme de paroles de Claude Hagège (p. 203) : « Même quand les formes linguistiques ne le disent pas aussi clairement que dans l’idiome des Aztèques, celui qui possède la langue est investi d’autorité. D’une plus grande … Continuer la lecture de La langue et le pouvoir (une dédicace)
Il y a ceux dont je voudrais bien de la vie mais pas du corps – et ceux dont le corps m’irait bien mais pas la vie.
Il existe quelqu’un, au sommet très visible de la pyramide sociale, qui a beaucoup fait récemment pour la défense et l’illustration de la valeur travail. Aujourd’hui, il s’agira de voir ce que nous disent conjointement, sur le sujet, l’étymologie et quelques marginaux qui n’ont pas été sans fournir quelque travail pour asseoir la réputation de … Continuer la lecture de La valeur travail
Tandis qu’il repensait à sa vie sentimentale, une phrase lui vint : « Je fus, tout du long, une sorte de poisson ivre dans un festin d’hameçons. »
On m’a dit d’un livre – parmi les moins négligeables du siècle – : « Mais n’a-t il pas un peu vieilli ? » Ma tentation irrésistible a été de jeter un œil à l’achevé d’imprimer de la première édition. « Si, ai-je répondu, il a un mois de moins que moi, il a vieilli d’au moins soixante ans. »
Dans mon souvenir dévorant comme une flamme, tes lèvres sont rouges comme cette rose solitaire qui fleurit après la débâcle des lys inclinés par brassées vers l’orient, aux marches descendantes de la chapelle de la Vierge Noire.
Je connais quelqu’un qu’on a pu, parfois, qualifier d’écorché vif. Or nous sommes, désormais quasi exclusivement et pour notre malheur, à l’ère du cinéma et de l’image. La vision d’une telle créature – que j’imagine (que je ne fais pas qu’imaginer) réduite au silence absolu mais encore faiblement gémissante et gigotante – m’est tout bonnement … Continuer la lecture de Un écorché (en souvenir de la nuit du 6 au 7 août 2010)
Les multiples scènes de nos sociétés sont désormais encombrées d’experts qui souvent cachent mal de touchantes vocations de sauveurs de l’humanité. Un généticien, un glaciologue (la liste menace d’être interminable), voudraient nous convaincre de sauver la planète, de mieux gouverner les collectivités humaines et adressent aux individus des conseils de bonne vie. Tout cela est … Continuer la lecture de La tyrannie est de vouloir avoir par une voie ce qu’on ne peut avoir que par une autre
ll voit le singe se gratter ; il goûte son agilité, sa drôlerie, mais ça ne le gratte pas. C’est un spectateur. Moi ça me gratte, je ne peux détacher mon regard de la peau du singe, de son être – et ne peux faire abstraction des spectateurs.
Le plus grand service que nous rend l’écrivain authentique consiste à mettre des mots sur nos pensées ; les psychologues – ces imposteurs – prétendent expliquer ce que nous pensons, en nous le faisant dire ! Les prêtres de jadis leur étaient bien supérieurs qui ne faisaient que nous écouter – avant de nous donner l’absolution.
Je crois que l’analyse probe et sincère d’un échec a bien plus de valeur que toutes les proclamations de réussites. – Voyez, aujourd’hui, le sport et la politique, ces deux chancres mous de nos sociétés. « Les théoriciens de leurs succès sont ennuyeux à mourir. Ils doivent démontrer que les succès sont justifiés. Or, rien ne … Continuer la lecture de Anticipation d’une fin
Il vous fait passer une convocation (à lui destinée et pour que vous le représentiez) comme on jette une épluchure à un animal peu regardant.
Le rastaquouère et le danseur de tango argentin ont suffisamment hanté le boulevard parisien et son imaginaire pour que nous accueillions avec enthousiasme un nouveau prodige d’Argentine (mais pas seulement, il gîte aussi au Brésil, au Chili, au Paraguay, en Uruguay – la folie des hommes est même allée jusqu’à déranger ses délicats exploits copulatoires … Continuer la lecture de Le canard argentin
Un homme seul qui déambule le long d’une rue vide, un dimanche après-midi, fait passer un frisson glacé dans mon dos – c’est qu’il me rappelle le fantôme dont j’occupe, sans espoir d’en sortir, l’ample défroque inhabitée avec, à son sommet arrondi, ces orbites vides qui ne laissent filtrer ni ne reçoivent aucun regard.