Lettre à E.

Cher pauvre petit moineau décharné c’est votre visage si émouvant qui vous vaut cet envoi importun, visage dans lequel le temps croque déjà à belles dents. La jeunesse finit à vingt ans quand la vieillesse commence à quarante. Pour finir de vous décourager : Jacques Chardonne, très bon styliste et encore meilleur sur le tard, … Continuer la lecture de Lettre à E.

Linkedln

Lécher les culs donne mauvaise haleine ;  et finit par vous faire ressembler à ce que vous êtes : un supplétif agenouillé, servile, prêt à tout, à n’importe quelle bassesse intellectuelle ou morale, pour grappiller quelque avantage narcissique ou matériel ; dans ce dernier cas, il s’agit de  descendre un peu plus bas. Il convient … Continuer la lecture de Linkedln

Chers détritus bourgeois

Comment peuvent-ils seulement trouver le sommeil ces rebuts d’humanité qui, dans les beaux quartiers, vous disent, entre inquiétude et espoir, que leur chien chéri entame sa seconde chimiothérapie ? Dans mon hameau d’adoption, les plus pauvres n’ont même pas droit à un diagnostic – et le crabe insatiable se repaîtra de leur chair à peine … Continuer la lecture de Chers détritus bourgeois

Conseils à une bourgeoise retraitée pour régresser à coup sûr

Lisez Cyrus le Spoutnik pour votre santé mentale, le Comte-Spongieux contre les fuites d’eau au cerveau, Michou l’Effraie dit l’oiseau déplumé de Minerve pour tout et le reste, ajoutez une pincée d’Hyacinthe Fleurie, pierre de touche de la pensée comme il faut… Je vous fais grâce des clowns pathétiques André et Lenoir, imposteurs qui se … Continuer la lecture de Conseils à une bourgeoise retraitée pour régresser à coup sûr

Nouveautés

En soi, la nouveauté ne recèle rien sinon une très faible distraction ; dans notre temps qui est le règne sans limite de la cupidité, elle contient toujours par surcroît de quoi attraper les gogos. Avis aux amateurs.

Mise au point

W. C. Fields parlait d’or : de même qu’un homme qui n’aime ni les animaux ni les enfants ne peut être tout à fait mauvais, de même quelqu’un qui dit nègre ou bougnoule ne peut en aucun cas être raciste…  Aimé Césaire m’est témoin.

Une plaisante apparition

L’autre hier, comme je gravissais sans peine une pente très raide du coteau radieux, lequel est la résidence préférée des happy few, je vis soudain un vrai petit lord qui descendait dans ma direction. Le tout petit bonhomme était vêtu comme pour une partie de campagne, à ceci près qu’il portait, pourquoi ? un beau … Continuer la lecture de Une plaisante apparition

Serviteur public

Oreille avisée, obstinée, j’écoute mon intérêt : je gratte, carotte, travaille en perruque ou au noir, je cumule, récupère jalousement mes RTT, je garde sous le coude les dossiers délicats, éloigne les importuns (le plus souvent des pauvres), je regarde s’accumuler, non sans impatience, mes points de retraite. Tout autour du joli pré carré de … Continuer la lecture de Serviteur public

Sky et son néant

Ses obsessions sont d’un adolescent qui aurait lu trop de romans d’espionnage : coke, putes et services secrets. Selon les lois infrangibles des ordres de grandeur ou des rapports de proportion, les gens à qui il tend son micro le surplombent de quelques himalayas. Il a cependant sa recette pour se pousser du col : … Continuer la lecture de Sky et son néant