Le lecteur la reconnaîtra

Vous êtes une fleur qui suffirait à déparer n’importe quel bouquet et je n’ose penser à l’effet qu’elle ferait sur la couronne mortuaire des pauvres, dernier hommage de leurs semblables avant l’entrée dans ce néant qu’ils n’ont jamais quitté.
Vos airs hautains, sévères font rire quand on les rapporte à vos propos sur l’humilité. Votre masque de patricien romain, baigné de suffisance académique, suffit à m’attrister, encolérer, exaspérer.
Et quand vous étiez petite, comme vous vous rouliez aux pieds de l’imposteur Derrida, vierge parfaite attendant d’être consacrée !

Vous tenez table ouverte dans une gargote dont le moins qu’on puisse dire est que son enseigne annonce la couleur : Conservatoire des arts et métiers : art de se conserver soi-même au salaire le plus haut, métier de tromper son monde par le truchement de diplômes surévalués, de vrais faux papiers qui certifient un impensable culot. Je ne vous reconnais qu’une prudence, qui est, à ma connaissance, de ne jamais avoir utilisé un argument tiré de Spinoza. Les gens de votre acabit recule devant « notre merveilleux Spinoza » (Einstein dixit) comme le pêcheur du dimanche devant les subtilités de la pêche à la mouche.

Votre logorrhée est si impérieuse que vous brûliez d’impatience, cet été, de donner votre avis… sur le sens, forcément prophétique, des feux de forêt.
Vous êtes un bon petit soldat (lieutenant-colonel de réserve) ; l’étendard de votre bataillon de rattachement porte les armoiries du « développement personnel », cette ânerie, ce rayon de librairie, le seul, où de consternants ouvrages se vendent comme des petits pains. Votre néant est insondable.

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