Ces derniers temps, j’ai suscité chez un proche une colère rien moins que sainte, pas vraiment catholique, à proprement parler hargneuse. Comme il excipait de sa connaissance intime de tel Iranien, tel Chinois, pour se prononcer sur l’Iran, la Chine, je lui opposai que ces gens n’existaient pas. Une définition : pour moi, n’existe pas quelqu’un dont l’avis, les propos n’ont aucune importance, aucune valeur heuristique ni même illustrative sinon de soi. Qui étaient ces gens ? Des bourgeois de leurs diasporas respectives qui naviguent sans encombre entre leurs sanglantes dictatures et les béates démocraties autoproclamées d’occident.
Ces gens sont pour ainsi dire encagés entre deux demi-circonférences presque jointives : un régime qui ne souffre aucun propos critique, même léger, avec le risque de nuire gravement aux êtres chers demeurés sous son joug ; et des bécassines d’occident tendant leur micro, friandes de déclarations indignées (ça ne mange pas de pain) sur les droits humains.
Que faire de ces gens ? Leur souhaiter une ample respiration sans contrainte, des gratifications toujours plus importantes… et ne pas méconnaître la souffrance qu’il y a à être otage. Quant à faire fond sur leur témoignage…
Méfiance ! Caute
Ces gens, malgré qu’ils en aient, n’existent pas.