Le diable puis la pulsion

La pulsion a remplacé le diable chez les belles dames, chez celles, en tout cas, qui cherchent, une vie durant, à se connaître, sans jamais se comprendre. Le « Connais-toi toi-même » de Socrate n’entretient pas le plus petit rapport avec la psychologie des profondeurs, il appelle seulement à l’humilité : « Ne te prends pas pour un Dieu ». Dans la psyché des dames, la pulsion a succédé à Satan, par le truchement supposé savant du Mage de Vienne. Au prince noir s’est substitué l’emportement narcissique peu à peu étayé, justifié, par l’écoute, moyennant finances, des techniciens de l’âme – disons plutôt de la relation, cette notion de pacotille qui fait fuir toutes les déités comme moineaux effarouchés et s’engloutir le sacré. Car voilà : on ne peut être à la fois le livre et le lecteur, même si chaque lecteur fait d’un livre son livre. (On ne lit pas un livre, on se lit dans un livre.) Belle dame, renonce à vouloir te connaître : on ne lit pas le livre de sa vie – tout juste, avec du génie, peut-on l’écrire.

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