Avant les moissons de la camarde

Je regarde avec une aversion croissante pulluler les retraités de l’Éducation Nationale. Tandis qu’ils poursuivent l’absurde chimère de la connaissance oculaire des quatre continents, le monde est un lupanar où ils forment des processions infinies rythmées par les marchands qui s’écrient : « Au suivant ! » Étrange façon d’oublier le sifflement prochain de la faux de la dame à la face plate. Admirablement conservés par le temps libre, rompus à la maîtrise d’innombrables loisirs, assurés de revenus réguliers quoique toujours jugés insuffisants, ils vont à pas comptés, accrochés aux critères statistiques de leur état de santé comme des naufragés à des débris flottants.

 

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