Des aligneurs

Entêté à récupérer une part congrue de mes impôts, je suis un auditeur assidu des cours du Collège de France (vous imaginez par quel moyen). Étant cela (entre autres), j’ai contracté une véritable aversion pour deux créatures qui me semblent témoigner d’une décadence irréfragable d’une partie du personnel savant d’aujourd’hui : une sinologue ( ?) et un professeur de littérature ( ?). Dans les deux cas, quoique avec des différences notables qui sont accablantes pour l’une (et pas salvatrices pour l’autre), ils répondent parfaitement à la puissante définition de l’érudition jadis proposée par un modeste, quoique très talentueux, journaliste américain : « grain de poussière tombé d’un livre dans un crâne vide. »  Considérant l’époque, je n’avais vraiment pas besoin d’une cause d’irritation ou d’impatience supplémentaire (idéalement, je ne voudrais vivre que d’aimer et de comprendre). Qu’il me soit cependant permis, en tant qu’éboueur, de désigner ces deux-là à la pacifique (donc ricanante) vindicte du peuple des illettrés : ces deux-là ne sont que des aligneurs, de mots et de références, parfaitement obsédés par leur carrière académique, qui noient leur inexistence dans un tissu de lieux communs sans drôlerie ni panache, dissimulés derrière leur cravate et soieries de supposé bon goût. Qu’ils alignent en paix, la générosité de nos contributions pourvoira à l’entretien de leur maigreur de Narcisses !

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