Contrastes dans le peu d’empressement : être réfractaire

Réfractaire se dit de la brique qui cuit à point une bonne pizza, étant entendu que la farine et le tour de main y ont leur part décisive ; réfractaire fut dit du clergé qui communia le jeune Jean-Marie Vianney, quand les émules des soi-disant lumières (qu’on devrait dire obscurantistes) assassinaient, au nom d’une puissance bien dans le goût des Hébreux (Être suprême ou Raison), tous ceux qui rechignaient à se soumettre (et les plus humbles étaient les premiers, paysans vendéens par exemple, à se faire couper en morceaux). Ceux-là ne furent pas médaillés, il faudra compter avec la fausse conscience de cette nation blablateuse pour voir éclore des médailles du réfractaire (au STO). L’homme contemporain, grand athlète du plaisir (de la femme évidemment), comptable généreux de son propre bien-être, quand il a bien joui, connaît, sans gêne, une période réfractaire : l’instant d’avant prêt à n’importe quelle folie pour y arriver, le voilà méditatif, un rien distant. C’est sur lui qu’il faut finir : la civilisation a les fruits qu’elle mérite.

« L’obscurantisme est revenu mais cette fois, nous avons affaire à des gens qui se recommandent de la raison. Là devant on ne peut pas se taire. » Entretien (1999) avec Pierre Bourdieu, courageux sociologue (?) très surfait, – passant sous silence ses deux siècles de retard…

 

 

 

 

 

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